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Noms communs : « juice », meth (également utilisé pour désigner la méthamphétamine)
Qu’est-ce que la méthadone ?
La méthadone appartient à la famille des drogues opioïdes. Elle est le plus souvent utilisée pour traiter la dépendance à
d’autres drogues opioïdes, telles que l’héroïne, l’oxycodone (p. ex. OxyContin) et l’hydromorphone (p. ex. Dilaudid).
La méthadone est un opiacé « synthétique » (opioïde), ce qui signifie qu’elle est fabriquée en laboratoire, à partir de produits
chimiques. Elle a été synthétisée en Allemagne durant la Seconde Guerre mondiale et était utilisée à l’origine pour soulager
la douleur.
Le premier traitement d’entretien à la méthadone, qui empêche le syndrome de sevrage aux opioïdes et réduit ou supprime l’état
de manque, remonte aux années 1960. Pendant de nombreuses années, la réglementation canadienne concernant l’ordonnance de
méthadone était tellement stricte que peu de médecins proposaient ce traitement. Les personnes qui désiraient être traitées
à la méthadone devaient attendre des mois, voire des années. Dans les années 1990, la nécessité de réduire les ravages causés
par l’usage de la drogue devint plus clairement établie et entraîna des changements qui permirent aux médecins de prescrire
plus facilement des traitements à la méthadone.
Le traitement d’entretien à la méthadone n’aboutit pas à une « guérison » de la toxicomanie : il s’agit plutôt d’un traitement
au cours duquel les personnes ayant acquis une dépendance aux opioïdes reçoivent l’aide médicale et sociale dont elles ont
besoin pour stabiliser et améliorer leur existence. On les encourage à poursuivre le traitement aussi longtemps que nécessaire.
À quoi ressemble la méthadone ?
La méthadone pure est une poudre blanche cristalline. On la dissout habituellement dans une boisson aromatisée aux fruits
que l’on prend une fois par jour.
Qui prend de la méthadone ?
La plupart des personnes auxquelles on prescrit de la méthadone sont traitées pour leur dépendance à des drogues opioïdes.
Ses usagers comprennent des personnes qui ont développé une dépendance à l’égard des opioïdes illégaux, comme l’héroïne, ou
des personnes qui prennent des opioïdes sur ordonnance, tels que l’oxycodone et l’hydromorphone.
La méthadone est parfois consommée de façon illégale, habituellement dans le but de prévenir les symptômes associés à l’état
de manque causé par d’autres drogues opioïdes.
Les femmes enceintes qui prennent régulièrement des drogues opioïdes sont fréquemment traitées à la méthadone afin de protéger
le fœtus. Les opioïdes à action brève, tels que l’héroïne ou l’hydromorphone, doivent être pris souvent pour éviter les effets
de sevrage. Le sevrage d’une dépendance aux opioïdes fait courir le risque de fausse couche ou d’accouchement prématuré. Le
traitement d’entretien à la méthadone, associé à des soins médicaux, augmente les chances de mettre au monde un bébé en bonne
santé. On ne connaît aucun effet à long terme sur le bébé.
Le traitement à la méthadone est prescrit aux personnes porteuses du VIH ou du virus de l’hépatite C qui prennent régulièrement
des drogues opioïdes, afin de protéger leur santé et de réduire les risques de propagation d’infections causées par le partage
des seringues.
Le nombre de personnes recevant un traitement d’entretien à la méthadone en Ontario est monté en flèche au cours des dernières
années, passant de 6 000 en 2000 à 30 000 en 2010.
Quels sont les effets de la méthadone ?
Au début de leur traitement à la méthadone, certaines personnes ressentent des effets sédatifs et d’autres effets propres
à toutes les drogues opioïdes. Une tolérance à la plupart de ces effets se développe au fur et à mesure du traitement et après
que la dose aura été correctement équilibrée. Les personnes qui suivent ce traitement disent souvent se sentir lucides, le
traitement à la méthadone n’entravant pas leur capacité de réflexion. Elles peuvent travailler, étudier ou s’occuper de leur
famille. De plus, la méthadone enraye l’effet d’euphorie que procurent l’héroïne et les autres opioïdes, entraînant, de ce
fait, une diminution de la prise de ces drogues.
La plupart des gens qui suivent un traitement à la méthadone éprouvent des effets secondaires comme la sudation, la constipation
ou la prise de poids.
Quelle est la durée de ses effets ?
Après la prise d’une seule dose de méthadone, une personne dépendante aux opioïdes n’éprouve aucun symptôme de sevrage pendant
24 heures. À titre de comparaison, une personne qui prend de l’héroïne doit en prendre trois ou quatre fois par jour pour
éviter les symptômes de sevrage.
Le traitement quotidien à la méthadone peut être poursuivi indéfiniment. Cependant, si la personne qui prend de la méthadone
accepte, avec l’accord de son médecin, de mettre fin au traitement, la dose de méthadone sera diminuée progressivement sur
une période qui peut aller de plusieurs semaines à plusieurs mois, atténuant ainsi le sevrage.
Si la prise de méthadone est interrompue brutalement, des symptômes tels que des crampes d’estomac, diarrhées et douleurs
musculaires et osseuses apparaissent. Ces symptômes se manifesteront entre un et trois jours après la prise de la dernière
dose, avec un pic entre le troisième et le cinquième jour, pour ensuite diminuer progressivement. Par contre, d’autres symptômes
tels que des troubles du sommeil et un état de manque peuvent continuer pendant des mois.
La méthadone est-elle dangereuse ?
Si la méthadone est prise telle qu’elle est prescrite, même quotidiennement pendant de nombreuses années, elle est sans danger
et n’endommagera ni les viscères ni le cerveau. Toutefois, la méthadone est une drogue puissante qui peut être extrêmement
dangereuse pour ceux qui ne tolèrent pas ses effets. Même en quantité minime, elle peut être mortelle pour un enfant. C’est
pourquoi la prescription de méthadone est étroitement surveillée et réglementée.
La méthadone peut-elle créer une dépendance ?
Les définitions modernes de la toxicomanie prennent en considération de nombreux facteurs dans l’évaluation de l’usage de
la drogue par une personne, par exemple, la « tolérance » ou le besoin d’augmenter les doses pour obtenir le même effet ;
la « dépendance physique » qui entraîne des symptômes de sevrage si la prise de la drogue est interrompue et l’« usage compulsif
», malgré les conséquences négatives qu’entraîne l’utilisation continue.
Certains prétendent que la méthadone crée une assuétude au même titre que l’héroïne. Les personnes suivant un traitement à
la méthadone développent une tolérance à certains effets de la drogue et ressentiront les effets du sevrage si elles ne prennent
pas régulièrement leur dose. Cependant, la méthadone n’est pas une drogue « accoutumante » au plein sens du terme si l’on
tient compte de son mode d’utilisation et de la raison pour laquelle on y a recours.
Tout d’abord, le traitement d’entretien à la méthadone est proposé comme traitement médical ; il est prescrit uniquement aux
personnes déjà dépendantes des drogues opioïdes. La méthadone offre à ces personnes une option sûre. Elles n’ont plus à s’approvisionner
régulièrement en opioïdes illégaux, un combat incessant toujours accompagné de danger et de désespoir. La méthadone libère
ces personnes de la contrainte toujours présente de prendre de la drogue et leur permet de se concentrer sur les moyens d’améliorer
leur existence.
Quels sont les effets à long termede la méthadone ?
Le traitement d’entretien à la méthadone est un traitement à long terme. La durée du traitement varie de un ou deux ans à
vingt ans et plus. Un traitement prolongé comportant des doses de méthadone appropriées ne présente aucun danger sur le plan
médical. Il s’agit, à l’heure actuelle, de l’un des traitements les plus efficaces contre une dépendance aux opioïdes.