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cocaine_crack Centre de toxicomanie et de santé mentale

 

Vous connaissez... La cocaïne

© 2003, 2010 CAMH

Noms communs : blanche, C, coco, coke, crack, freebase, rock, snow

Qu’est-ce que la cocaïne ?

La cocaïne est une drogue stimulante. Un stimulant rend une personne plus alerte et énergique. La cocaïne peut également procurer une sensation d’euphorie (un « high »).

La cocaïne a été isolée des feuilles de l’arbuste de coca pour la première fois en 1860. Les chercheurs ont vite découvert que la cocaïne engourdit tous les tissus avec lesquels elle entre en contact, ce qui en a fait un anesthésique local. De nos jours, les anesthésiques synthé­tiques ont en grande partie remplacé la cocaïne.

Dans les années 1880, le psychiatre Sigmund Freud a publié des articles scientifiques dans lesquels il faisait l’éloge de l’effet thérapeutique de la cocaïne sur de nombreuses maladies comme la dépression et la dépendance à l’alcool et aux opiacés. Par la suite, la cocaïne est devenue largement disponible, légalement, dans des médicaments brevetés et des boissons gazeuses.

Au fur et à mesure que l’usage de la cocaïne s’est répandu, on a commencé à découvrir ses dangers. En 1911, le Canada a adopté des lois limitant l’importation, la fabrication, la vente et la possession de cocaïne. Son usage a diminué jusque dans les années 1970, époque où elle commença à avoir une réputation de drogue chère, populaire auprès des célébrités. La cocaïne épurée (« crack ») a fait ses débuts dans les années 1980.

Quelle est l’origine de la cocaïne ?

La cocaïne est extraite des feuilles de l’arbuste Erythroxylum (coca) qui pousse sur les pentes des Andes, en Amérique du Sud. Les gens du Pérou et de la Bolivie mâchent les feuilles de coca pour atténuer leur faim et leur fatigue, une pratique qui existe depuis au moins 4 500 ans. De nos jours, la plupart du stock mondial de coca vient de la Colombie où ce coca est transformé en cocaïne. Des réseaux criminels ont une emprise sur le trafic lucratif de la cocaïne.

À quoi ressemble la cocaïne et comment est-elle utilisée ?

Le chlorhydrate de cocaïne, c.-à-d. la forme sous laquelle la cocaïne est reniflée ou injectée, est une poudre cristalline blanche. Elle est « coupée » ou mélangée avec des substances qui lui ressemblent, comme de l’amidon de maïs ou du talc, ou avec d’autres drogues comme des anesthésiques locaux ou des amphétamines.

Après traitement chimique des principaux constituants de la cocaïne, il est possible d’en produire des formes de pouvant être fumées. Il s’agit alors de « freebase » et de « crack », qui ressemblent à des cristaux ou à des cailloux.

La cocaïne est souvent prise en même temps que d’autres drogues, en particulier l’alcool et la marijuana. La cocaïne et l’héroïne, une fois mélangées et dissoutes, produisent un liquide injectable appelé « speedball ».

Qui prend de la cocaïne ?

Selon une enquête effectuée en 2009 parmi les élèves de l’Ontario de la 7e à la 12e année, 2,6 pour cent de ceux-ci avaient pris de la cocaïne et 1,1 pour cent des élèves l’avaient fait au moins une fois au cours de l’année écoulée.

Selon une enquête effectuée en 2007 parmi les adultes de l’Ontario :

  • 1,7 pour cent avaient pris de la cocaïne au cours de l’année précédente
  • 7,1 pour cent en avaient pris au moins une fois dans leur vie.

Qu’est-ce qu’on ressent après la prise de cocaïne ?

Les sensations induites par la prise de cocaïne dépendent des facteurs suivants :

  • la quantité absorbée
  • la fréquence de consommation et la durée d’utilisation
  • la méthode d’absorption (p. ex., par injection ou par voie orale)
  • l’état d’esprit, les attentes et le milieu ambiant
  • l’âge
  • l’état médical ou psychiatrique préexistant
  • la consommation simultanée d’alcool ou d’autres drogues (illégales, sur ordonnance, en vente libre ou à base de plantes).

Les personnes qui prennent de la cocaïne se sentent énergiques, bavardes, alertes et euphoriques. Elles se sentent plus conscientes de leurs sens : leur ouïe, leur vue, leurs pulsions sexuelles et leur toucher leur semblent plus développés. La faim et le besoin de sommeil sont atténués. Bien que la cocaïne soit un stimulant, certaines personnes lui trouvent des effets apaisants, ont l’impression d’avoir une plus grande confiance et maîtrise d’elles-mêmes ainsi que d’être plus à l’aise avec les autres. D’autres personnes peuvent se sentir nerveuses, agitées et incapables de se détendre.

Prendre des doses élevées de cocaïne pendant longtemps peut provoquer :

  • des crises de panique
  • des symptômes psychotiques comme la paranoïa (sentiment intense de méfiance, de jalousie ou de persécution), des hallucinations (voir, entendre, sentir, etc., des choses qui, en réalité, n’existent pas) et des idées délirantes (fausses croyances)
  • un comportement excentrique, bizarre et parfois violent.

Chez certaines personnes, l’usage régulier de cocaïne peut entraîner une tolérance à ses effets euphoriques, ce qui signifie qu’elles devront prendre des doses de plus en plus fortes pour obtenir le même effet désiré. Par ailleurs, les usagers réguliers pourraient également développer une plus grande sensibilité aux effets négatifs de la cocaïne comme l’anxiété, la psychose (hallucinations, perte de contact avec la réalité) et des convulsions.

La cocaïne peut aussi provoquer une accélération de la respiration et des battements de cœur et faire monter la tension artérielle et la température du corps.

Quelle est la durée des sensations éprouvées ?

La durée des sensations éprouvées dépendra de la manière dont la cocaïne est prise :

  • Renifler de la cocaïne produit en quelques minutes un effet qui dure entre 15 et 30 minutes.
  • S’injecter de la cocaïne produit en 30 à 45 secondes une montée d’euphorie (« rush ») qui dure entre 10 et 20 minutes.
  • Fumer de la cocaïne produit en quelques secondes une sensation d’euphorie (« high ») qui ne dure qu’entre 5 et 10 minutes.

Après que son état de « high » disparaît, la personne peut se sentir anxieuse et déprimée et peut ressentir un besoin intense de reprendre de la cocaïne. Certaines personnes prolongent leur « high » en faisant un usage excessif et continu de cocaïne pendant des heures, voire des jours.

La cocaïne est-elle dangereuse ?

Oui.

Bien que de nombreuses personnes prennent de la cocaïne de temps à autre sans danger, cette drogue peut être très dangereuse, qu’elle soit prise une seule fois ou souvent.

  • L’usage de cocaïne entraîne un épaississement et une constriction des vaisseaux sanguins, réduisant ainsi l’alimentation du cœur en oxygène. En même temps, la cocaïne fait travailler davantage les muscles du cœur, ce qui peut causer des crises cardiaques ou des accidents vasculaires cérébraux, même chez les personnes en bonne santé.
  • La cocaïne fait monter la tension artérielle, ce qui peut causer l’éclatement des vaisseaux sanguins affaiblis dans le cerveau.
  • Une personne peut faire une surdose même après n’avoir pris qu’une petite quantité de cocaïne. Une surdose peut provoquer des convulsions et une défaillance cardiaque. Elle peut affaiblir la respiration ou même l’arrêter. Il n’existe pas d’antidote contre une surdose de cocaïne.
  • La consommation de cocaïne avec de l’alcool entraîne la production de cocaéthylène dans le foie. Ce puissant composé augmente le risque de mort subite en plus du risque associé à l’usage seul de la cocaïne.

La cocaïne peut-elle créer une dépendance ?

Oui. Tous les usagers de cocaïne ne développent pas une dépendance ; la cocaïne peut toutefois être l’une des drogues dont il est le plus difficile de se sevrer.

Les personnes qui développent une dépendance à la cocaïne ne maîtrisent pas leur usage. Elles ressentent un besoin intense de prendre de la drogue, même lorsqu’elles sont conscientes que cet usage leur cause des problèmes médicaux, psychologiques et sociaux.

Se procurer et prendre de la cocaïne peut devenir leur plus grande préoccupation.

Fumer le crack est la méthode d’usage la plus accoutu­mante car elle produit des effets rapides, intenses et de courte durée. Cependant, toute méthode d’usage de la cocaïne peut entraîner une accoutumance. La quantité de cocaïne consommée et la fréquence de son utilisation ont un effet sur l’accoutumance.

Si une personne arrête de prendre de la cocaïne, elle peut avoir l’impression de « s’effondrer ». Lorsque cela se produit, son humeur change rapidement, passant d’un « high » à un sentiment de détresse, menant à un état de manque intense. Un usage excessif de cocaïne dans le but de maintenir ce « high » entraîne rapidement une toxicomanie.

Les symptômes du sevrage de la cocaïne comprennent, entre autres : épuisement, sommeil prolongé et mouvementé ou insomnies, faim, irritabilité, dépression, pensées suicidaires et désir intense de reprendre de la cocaïne. Le souvenir de l’euphorie procurée par la cocaïne est puissant et entraîne un risque réel de rechute.

Quels sont les effets à long terme de la cocaïne ?

La cocaïne augmente dans le cerveau le niveau des sub­stances chimiques qui procurent le même sentiment de bien-être que lorsque nous mangeons, buvons ou avons des rapports sexuels. Un usage régulier de cocaïne peut entraîner des changements durables dans ce système de récompense du cerveau, ce qui peut amener à l’accoutumance. L’état de manque et les symptômes psychiatriques peuvent persister même si la personne cesse de prendre cette drogue.

L’usage régulier de cocaïne sur une longue période est associé à nombre de dangers pour la santé et à des comportements problématiques. En voici des exemples :

  • Renifler de la cocaïne peut entraîner l’infection des sinus et une perte de l’odorat, et peut endommager les tissus du nez et percer le cartilage des narines, à l’intérieur du nez.
  • Fumer de la cocaïne peut endommager les poumons et engendrer ce qu’on appelle le « poumon du crack ». Les symptômes comprennent de graves douleurs dans la poitrine, des problèmes respiratoires et une température élevée. Le « poumon du crack » peut être mortel.
  • S’injecter de la cocaïne peut entraîner une infection causée par une seringue usagée ou des impuretés dans la drogue. Le fait de partager des seringues peut égale­ment occasionner une infection à l’hépatite ou au VIH.
  • L’usage de cocaïne pendant la grossesse peut augmenter le risque de fausse couche et de naissance prématurée. De même, il peut augmenter le risque de donner naissance à un bébé ayant un poids insuffisant. Comme les femmes qui prennent de la cocaïne pendant leur grossesse souvent consomment aussi de l’alcool, de la nicotine et d’autres drogues, l’ampleur des effets de la cocaïne sur le bébé est encore mal connue.
  • L’usage de cocaïne pendant l’allaitement entraîne la transmission de cocaïne à l’enfant, ce qui l’expose à tous les effets de la cocaïne et aux risques associés à celle-ci.
  • L’usage de cocaïne est lié à des comportements risqués et violents. Il est également lié à un faible pouvoir de concentration et à un mauvais jugement, ce qui augmente les risques de blessures et de maladies transmises sexuellement.
  • Un usage chronique de cocaïne peut causer de graves symptômes psychiatriques comme la psychose, l’anxiété, la dépression et la paranoïa.
  • Un usage chronique de cocaïne peut également entraîner une perte de poids, la malnutrition, une mauvaise santé, des difficultés sexuelles, l’infertilité et la perte de soutiens sociaux et financiers.

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