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anxiety_disorders_information_guide Centre de toxicomanie et de santé mentale

 

Les causes des troubles anxieux

De : Les troubles anxieux : Guide d’information (© 2005, 2009 CAMH)

Sur cette page :

On ne sait pas exactement ce qui déclenche un trouble anxieux chez certaines personnes. Les recherches laissent croire que plusieurs facteurs sont en cause. Comme la plupart des troubles de santé mentale, les troubles anxieux semblent être causés par un ensemble de facteurs biologiques et psychologiques et par des expériences difficiles de la vie, telles que :

  • des événements stressants ou traumatisants de la vie ;
  • des antécédents familiaux de troubles anxieux ;
  • le développement pendant l’enfance ;
  • l’usage d’alcool, de médicaments et de substances illicites ;
  • d’autres problèmes médicaux ou psychiatriques.

Facteurs psychologiques

Les deux principales écoles de pensée qui tentent d’expliquer les influences psychologiques sur les troubles anxieux sont la théorie cognitive et la théorie comportementale. Les idées exprimées par ces théories nous aident à comprendre le traitement cognitivocomportemental, qui est décrit au chapitre suivant. On peut examiner les causes de l’angoisse d’une troisième façon, soit en fonction des facteurs psychologiques. C’est ce qu’on appelle la théorie du développement, qui cherche à comprendre l’angoisse éprouvée à l’âge adulte en examinant ce qu’on a appris pendant l’enfance.

Théorie cognitive

Le danger fait partie de la vie. Notre évolution génétique fait en sorte que, pour nous protéger, nous ayons peur du danger. Nous savons que nous devons éviter les animaux qui sont méchants et éviter les hauteurs. La théorie cognitive laisse entendre que les personnes aux prises avec un trouble anxieux ont tendance à surestimer le danger et ses conséquences potentielles. Par exemple, certaines personnes surestiment le danger que présentent des animaux, comme les serpents ou les araignées ; elles croient que ces animaux sont beaucoup plus dangereux qu’ils ne le sont en réalité. Elles envisagent le pire scénario et s’imaginent que le serpent par exemple va les mordre et les empoisonner alors qu’il peut être tout à fait inoffensif. C’est ce qu’on appelle la pensée catastrophe, qui est courante chez les personnes ayant un trouble anxieux.

Les personnes qui surestiment le danger ont tendance à éviter les situations qui pourraient les exposer à leurs craintes. Par exemple, une personne qui a peur de prendre l’avion évitera les voyages qui nécessitent un déplacement en avion. On appelle ces comportements d’évitement des comportements de sécurité car ils réduisent momentanément l’angoisse ressentie. Toutefois, lorsqu’on évite une situation qui fait peur, cette peur ne fait que s’accroître. Selon la théorie cognitive, on peut atténuer la peur en la confrontant, ce qui permet de constater que la situation qui fait peur n’est pas aussi dangereuse qu’on le pensait.

Théorie comportementale

La théorie comportementale laisse entendre qu’on apprend à associer la peur ressentie lors d’un événement stressant ou traumatisant de la vie à certains « signaux » comme un endroit, un bruit ou un sentiment. Lorsque ces signaux se manifestent à nouveau, ils réactivent la peur. Lorsque l’association entre la peur et le signal est apprise, la peur est automatique, immédiate et ne peut être maîtrisée de façon consciente. La peur se manifeste avant qu’on puisse déterminer si le danger est proche. Les signaux peuvent être externes ou internes.

Un signal externe peut être une certaine odeur qui s’était dégagée lors de l’événement stressant. En sentant à nouveau cette odeur, même dans une situation sans danger, la personne se rappelle l’événement et a peur. Les signaux internes, comme l’accélération du rythme cardiaque, peuvent aussi susciter la peur chez une personne si son coeur battait plus vite lorsqu’elle a été confrontée à la menace. Plus tard, lorsque la personne sent son coeur battre très vite, par exemple parce qu’elle fait de l’exercice, elle peut prendre peur.

Les personnes aux prises avec un trouble anxieux peuvent pousser les choses à l’extrême pour éviter ces signaux. Il se peut que les signaux initiaux entraînent une généralisation qui s’applique à d’autres signaux semblables. Par exemple, une personne qui a eu une mauvaise expérience avec un bulldog peut se mettre à éviter tous les chiens. Lorsqu’on évite de tels signaux, on peut se sentir plus en sécurité mais, à long terme, ces comportements d’évitement amplifient l’angoisse associée aux signaux. L’évitement empêche de « désapprendre » l’association. Le seul moyen de la désapprendre est de s’exposer aux signaux dans une situation qui n’est pas dangereuse.

Théorie du développement

Selon la théorie du développement, il existe un lien entre la façon dont les enfants apprennent à prévoir et à interpréter les événements de la vie et l’angoisse qu’ils éprouvent plus tard dans leur vie. Le degré de contrôle qu’on peut exercer sur sa vie est étroitement lié au degré d’angoisse que l’on ressent. Le sentiment de contrôle peut varier considérablement d’une personne à une autre. Certaines personnes pensent qu’elles exercent un contrôle total sur tout ce qui leur arrive, d’autres éprouvent une incertitude totale et se sentent tout à fait impuissantes face aux événements futurs de la vie. Les personnes qui croient qu’elles ne peuvent exercer aucun contrôle sur leur vie ressentiront sans doute davantage de peur et d’angoisse. Par exemple, elles peuvent croire qu’elles ne seront jamais prêtes pour une entrevue d’emploi ou qu’elles n’ont pas les qualifications nécessaires pour obtenir le poste, de sorte qu’elles se présenteront à l’entrevue avec la crainte d’être rejetées.

Facteurs biologiques

Les causes biologiques et les effets des troubles anxieux comprennent le déséquilibre chimique du cerveau et la perturbation de l’activité cérébrale ; l’hérédité ; les questions de nature médicale et psychiatrique ; et la consommation d’alcool et d’autres drogues.

Régulation de l’activité chimique du cerveau

Des recherches ont démontré qu’il existe un lien entre l’angoisse et une régulation inadéquate de divers neurotransmetteurs—les messagers chimiques du cerveau qui transmettent les signaux entre les cellules. Trois principaux neurotransmetteurs ont une incidence sur l’angoisse : la sérotonine, la noradrénaline et l’acide gammaaminobutyrique (GABA).

Sérotonine

La sérotonine contribue à régulariser l’humeur, l’agressivité, les impulsions, le sommeil, l’appétit, la température du corps et la douleur. Divers médicaments qui sont administrés pour traiter les troubles anxieux accroissent la quantité de sérotonine disponible pour transmettre les messages.

Noradrénaline

La noradrénaline joue un rôle dans la réaction de lutte ou de fuite et la régulation du sommeil, de l’humeur et de la tension artérielle. Un stress intense stimule la production de noradrénaline. Il semble que, chez les personnes ayant des troubles anxieux, surtout celles aux prises avec un trouble panique, le système qui contrôle la production de noradrénaline ne soit pas réglé correctement. Certains médicaments aident à stabiliser la quantité de noradrénaline disponible pour transmettre les messages.

GABA

Le GABA favorise la relaxation et le sommeil et contribue à prévenir la surexcitation. Les médicaments appelés benzodiazépines accroissent l’activité du GABA et produisent des effets calmants.

Modification de l’activité cérébrale

Les techniques modernes d’imagerie du cerveau ont permis aux chercheurs d’étudier l’activité de zones précises du cerveau des personnes ayant des troubles anxieux. Les chercheurs ont constaté notamment ce qui suit :

  • ils ont remarqué que le débit sanguin et le métabolisme du cerveau étaient anormaux et ont relevé des anomalies structurelles (p. ex., atrophie) dans les lobes frontal, occipital et temporal du cerveau ;
  • la concentration de sérotonine, de noradrénaline et de GABA dans le système limbique, qui contrôle les réactions à la mémoire, à l’angoisse et à la peur, est sans doute responsable de l’angoisse que certaines personnes éprouvent au sujet de l’avenir ;
  • il semble y avoir un lien entre l’activité du locus ceruleus (qui a un nombre élevé de neurones à noradrénaline) et du noyau raphé médian (qui a un nombre élevé de neurones à sérotonine), d’une part, et l’apparition de crises de panique, d’autre part ;
  • l’activité des systèmes de noradrénaline du corps et du cerveau génère les symptômes physiques de l’angoisse comme le rougissement des joues, les sueurs et les palpitations, qui peuvent entraîner la peur chez les gens ; on a relevé un lien entre ces systèmes et la production de flash-back chez les personnes aux prises avec le syndrome de stress post-traumatique.

Facteurs héréditaires

Des recherches ont confirmé que les facteurs héréditaires jouent un rôle dans l’apparition des troubles anxieux. Il est plus probable d’avoir un trouble anxieux si un membre de sa famille est aux prises avec un tel trouble. Les troubles anxieux sont les plus fréquents au sein des familles de personnes ayant un trouble panique. Dans ce cas, près de la moitié des personnes ayant un trouble panique ont au moins un parent qui est également aux prises avec un trouble anxieux.

Facteurs médicaux

Alcool, médicaments et substances illicites

La consommation d’alcool ou d’autres drogues peut entraîner l’apparition de symptômes d’angoisse, que ce soit pendant que la personne est intoxiquée ou pendant qu’elle est en sevrage. Les substances les plus souvent associées aux symptômes de l’anxiété généralisée ou de la panique sont les stimulants, notamment la caféine, les drogues illicites comme la cocaïne, et les médicaments sur ordonnance comme le méthylphénidate (p. ex., Ritalin).

Troubles médicaux

Plusieurs troubles médicaux peuvent entraîner l’apparition de symptômes d’angoisse et causer des troubles anxieux. Ainsi, les symptômes de panique et d’anxiété généralisée peuvent être causés par des troubles médicaux, particulièrement ceux touchant les glandes, le coeur, les poumons et le cerveau. Dans la plupart des cas, le traitement de ces troubles atténue les symptômes d’angoisse.

Les enfants peuvent éprouver des symptômes obsessionnelscompulsifs à la suite d’une infection streptococcique. Ces symptômes peuvent également être causés par d’autres syndromes infectieux et dégénératifs affectant le système nerveux central, mais ces cas sont rares.

Le prolapsus de la valve mitrale (un trouble cardiaque causé par le mauvais fonctionnement d’une valve du coeur) a été associé au trouble panique, mais rien ne prouve que ce lien existe.

Trouble psychiatrique

Dans bien des cas, les personnes ayant un autre trouble psychiatrique éprouvent des symptômes d’angoisse. Parfois, ce sont les symptômes de l’autre trouble, comme la dépression ou la psychose, qui intensifient l’angoisse. Dans un tel cas, il se peut qu’on ne diagnostique pas un trouble anxieux.

Il se peut que les personnes chez qui on a diagnostiqué un trouble anxieux soient également aux prises avec un autre trouble psychiatrique ; il s’agit le plus souvent d’autres types de troubles anxieux, d’une toxicomanie ou d’une dépression. Deux personnes sur trois ayant un trouble panique vivront une dépression grave au cours de leur vie. Il faut faire particulièrement attention lorsqu’une personne ayant un trouble anxieux vit une dépression car ces problèmes, lorsqu’ils sont combinés, accroissent les risques de suicide.

Autres facteurs

Des études ont démontré que les personnes qui sont anxieuses ont tendance à respirer de façon irrégulière : elles alternent entre l’hyperventilation et l’apnée. Cette façon de respirer entraîne l’apparition d’autres symptômes (p. ex., étourdissements et possibilité d’évanouissement) et augmente l’angoisse. Les techniques de rééducation fonctionnelle de la respiration peuvent aider ces personnes à composer avec les symptômes d’angoisse ou à les gérer.

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