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Les antidépresseurs Centre de toxicomanie et de santé mentale

Les antidépresseurs

Que sont les antidépresseurs ?

D’ordinaire, les antidépresseurs sont prescrits pour soulager la dépression ou l’anxiété, mais ils peuvent servir à traiter d’autres troubles, dont la boulimie et la douleur chronique.

Ces médicaments sont généralement efficaces chez les personnes atteintes de problèmes de santé mentale, mais ce n’est pas toujours le cas, et même lorsqu’ils donnent de bons résultats, ils ne peuvent pas à eux seuls régler tous les problèmes. On obtient souvent de meilleurs résultats quand on allie le traitement médicamenteux à une thérapie par la parole, qu’on dispose du soutien de sa famille et de ses amis et qu’on prend bien soin de soi en faisant régulièrement de l’exercice, en mangeant sainement et en dormant suffisamment. Il importe également d’apprendre à composer avec ses troubles et de ne pas les laisser envahir sa vie.

Il peut s’écouler plusieurs semaines avant que les effets des antidépresseurs se fassent pleinement sentir. L’amélioration du sommeil et le regain d’appétit et d’énergie sont les premiers signes que le médicament commence à agir. L’amélioration de l’humeur prend souvent plus de temps.

Comment savoir si j’ai besoin de traitement ?

Tout le monde se sentant déprimé ou anxieux temps à autre, les problèmes graves ne sont pas toujours pris au sérieux. Il arrive que des personnes profondément dépressives ou anxieuses attendent très longtemps, parfois des années entières, avant de songer à se faire traiter, car elles pensent qu’elles devraient être capables de s’en sortir par elles-mêmes.

Lorsqu’on éprouve de la tristesse ou du désespoir depuis plus de deux semaines ou qu’on est en proie à des appréhensions excessives, il est fortement recommandé de consulter un médecin. Le médecin fera une évaluation objective des symptômes et de la situation, proposera un traitement et suggérera des mesures de soutien. Un grand nombre de personnes qui suivent un traitement contre la dépression ou l’anxiété se rétablissent complètement et n’ont plus jamais besoin de traitement. Une intervention précoce peut assurer la réussite du traitement.

Si, après l’instauration du traitement, on connaît des périodes où bien qu’ayant moins besoin de sommeil, on a plus d’énergie que d’habitude, ou si on connaît des sautes d’humeur extrêmes, passant de la dépression à un état inhabituel d’euphorie ou d’irritabilité, il est essentiel d’en parler au médecin. En effet, les antidépresseurs peuvent parfois transformer la dépression en manie et si tel est le cas, la prescription d’un psychorégulateur (aussi appelé thymorégulateur), seul ou associé à un antidépresseur, pourrait être indiquée.

Les médicaments ne sont qu’un moyen parmi d’autres de traiter la dépression et l’anxiété. Les thérapies par la parole, telles la thérapie interpersonnelle et la thérapie cognitivo-comportementale, peuvent être tout aussi efficaces. La dépression et l’anxiété sont souvent le signe qu’on a besoin de changement dans sa vie et ces psychothérapies peuvent aider à effectuer les changements nécessaires. Les groupes d’entraide, les services de counseling fournis à l’école ou au travail, ainsi que l’aide au logement et à l’emploi peuvent également aider à faire face aux problèmes qui déclenchent ou aggravent la dépression ou l’anxiété.

Quel est le mode d’action des antidépresseurs ?

Les antidépresseurs accroissent l’activité de certains neurotransmetteurs (substances chimiques libérées au niveau du cerveau). Il semblerait que l’accroissement de l’activité de la sérotonine, de la noradrénaline et de la dopamine permette de soulager la dépression et l’anxiété. Néanmoins, le cerveau étant un organe très complexe, on ne connaît pas précisément le mode d’action de ces médicaments.

On sait cependant que les antidépresseurs soulagent les symptômes de la dépression et de l’anxiété dans 70 % des cas, et cette proportion est encore plus élevée lorsque les personnes qui n’obtiennent pas de résultats avec un certain type d’antidépresseur en essaient un deuxième.

Effets secondaires

Tous les médicaments peuvent avoir des effets secondaires. Certaines personnes n’en éprouvent aucun tandis que d’autres éprouvent des effets très pénibles. Dans la plupart des cas, cependant, les effets secondaires s’atténuent progressivement en cours de traitement.

En général, afin de minimiser les effets secondaires, le médecin commence par prescrire une faible dose de médicament, dose qu’il l’augmentera peu à peu jusqu’à l’atteinte de la dose idéale, c’est-à-dire celle qui allie un maximum d’efficacité à un minimum d’effets secondaires.

C’est en grande partie à cause des effets secondaires que les gens cessent de prendre leurs antidépresseurs. Il convient de se reporter aux sources de renseignements indiquées par le médecin ou le pharmacien sur les effets secondaires des médicaments prescrits. Lorsque ces effets sont mal tolérés, il est recommandé de continuer à prendre le médicament comme prescrit et d’en avertir au plus tôt le médecin, qui pourrait :

- conseiller d’attendre que les effets secondaires s’atténuent ;
-
modifier la dose ;
-
recommander de prendre le médicament à un autre moment de la journée ;
-
prescrire des médicaments supplémentaires pour atténuer les effets secondaires ;
-
remplacer le médicament par un autre ;
-
mettre fin au traitement médicamenteux et suggérer un autre type de traitement.

Les effets secondaires varient selon les types de médicaments. Des renseignements plus détaillés sur les effets secondaires associés à chaque type d’antidépresseur sont fournis ci-après.

Les antidépresseurs accroissent-ils le risque de suicide ?

Les pensées et les comportements suicidaires sont un des symptômes de la dépression et l’instauration d’un traitement contre la dépression accroît le risque de suicide. Cela pourrait être attribuable au regain d’énergie qui se produit en début de traitement, avant que l’humeur ne s’améliore. En d’autres termes, il se pourrait que les antidépresseurs donnent à certaines personnes qui ont des idées de suicide l’énergie nécessaire pour passer à l’acte.

Les antidépresseurs peuvent également provoquer de l’agitation ou un sentiment d’indifférence. Or, ces réactions ressemblent aux symptômes de l’anxiété et exacerbent le désespoir au lieu de l’atténuer, ce qui peut engendrer des comportements suicidaires ou violents. On pense qu’environ 4 % des personnes qui prennent des antidépresseurs auraient ce type de réaction, le risque étant plus élevé durant les premières semaines du traitement.

Il faut garder à l’esprit que les choses pourraient empirer avant de s’améliorer. Étant donné une telle éventualité, il importe de déterminer de quels soutiens vous disposez et à qui vous pourrez téléphoner en cas de besoin. Une fois le traitement instauré, il convient d’observer attentivement son humeur et ses pensées et de réagir en cas de fantasme de violence autodirigé ou dirigé contre autrui en communiquant avec son médecin, en appelant une ligne d’écoute ou en se rendant à un service des urgences.

Lorsqu’une personne a davantage d’idées de suicide ou qu’elle éprouve un surcroît d’anxiété, le médecin peut l’aider à déterminer si elle devrait cesser de prendre son médicament ou si elle devrait plutôt patienter pour lui laisser le temps d’agir.

Quels sont les différents types d’antidépresseurs et leurs effets secondaires ?

Les ISRS ou inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine

Les IRSN ou inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline

Les IRND ou inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la dopamine

Les ANSS ou antidépresseurs noradrénergiques et sérotoninergiques spécifiques

Les antidépresseurs cycliques

Les IMAO ou inhibiteurs de la monoamine oxydase

Il existe plusieurs classes d’antidépresseurs, chacune comprenant plusieurs médicaments. Si, dans l’ensemble, tous les antidépresseurs donnent de bons résultats, aucun médicament et aucune classe de médicaments ne donnent les mêmes résultats chez toutes les personnes qui les prennent. Il arrive donc que le médecin essaie un antidépresseur après l’autre ou qu’il en prescrive plus d’un à la fois.

Les divers types d’antidépresseurs sont présentés ci-après, dans l’ordre où ils sont généralement prescrits.

Les ISRS (inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine)

La classe des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) –qui comprend la fluoxétine (Prozac)*, la paroxétine (Paxil), la fluvoxamine (Luvox), le citalopram (Celexa), l’escitalopram (Cipralex) et la sertraline (Zoloft) – est généralement celle à laquelle on a d’abord recours pour traiter la dépression et les troubles anxieux, car les effets secondaires de ces médicaments sont moins prononcés que ceux d’autres antidépresseurs. La buspirone (Buspar), dont le mode d’action est assez semblable à celui des ISRS, s’est révélée efficace contre l’anxiété, mais pas contre la dépression.

Les nausées, les vomissements, la diarrhée, la prise de poids, l’assèchement de la bouche, les maux de tête, l’anxiété, la sédation et une baisse de la libido et du plaisir sexuel sont les effets secondaires courants de cette classe d’antidépresseurs. Ces médicaments peuvent également causer de l’agitation, de la nervosité et des troubles du sommeil (p. ex., difficulté à s’endormir, réveil au milieu de la nuit, rêves très intenses ou cauchemars).

Les IRSN (inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la dopamine)

La classe des inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline (IRSN), qui comprend la venlafaxine (Effexor), la duloxétine (Cymbalta) et la desvenlafaxine (Pristiq), sert à traiter la dépression, l’anxiété et la douleur chronique.

Les nausées, la somnolence, les étourdissements, la nervosité ou l’anxiété, la fatigue, la perte d’appétit et les troubles sexuels sont les effets secondaires courants des IRSN. À dose élevée, ces médicaments peuvent provoquer une hausse de la tension artérielle.

Les IRND (inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la dopamine)

Le seul inhibiteur de la recapture de la dopamine-noradrénaline (IRND) dans le commerce est le bupropion (Wellbutrin, Zyban). En raison de ses effets énergisants, ce médicament est souvent prescrit en conjonction avec un autre antidépresseur pour traiter la dépression. Il est également prescrit pour traiter le trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/TDAH) et pour aider les gens à s’arrêter de fumer.

Les ANSS (antidépresseurs noradrénergiques et sérotoninergiques spécifiques)

Le seul antidépresseur noradrénergique et sérotoninergique spécifique (ANSS) de cette classe est la mirtazapine (Remeron). C’est aussi l’antidépresseur qui a l’effet sédatif le plus fort, ce qui présente un avantage pour les personnes qui souffrent d’insomnie ou d’anxiété sévère. La mirtazapine a également un effet stimulant sur l’appétit.

La somnolence et la prise de poids sont les effets secondaires les plus courants de la mirtazapine.

Les antidépresseurs cycliques

Existant depuis assez longtemps, cette classe d’antidépresseurs comprend l’amitriptyline (Elavil), la maprotiline (Ludiomil), l’imipramine (Tofranil), la désipramine (Norpramin), la nortriptyline (Novo-Nortriptyline) et la clomipramine (Anafranil).

La plupart de ces médicaments ayant davantage d’effets secondaires que les médicaments plus récents, ils ne constituent généralement pas le premier choix de traitement. On peut néanmoins y avoir recours lorsque d’autres médicaments n’ont pas eu d’effet contre la dépression grave.

La bouche sèche, les tremblements, la constipation, la sédation, la vision trouble, la difficulté à uriner, la prise de poids et les étourdissements sont les effets secondaires les plus courants des antidépresseurs cycliques. En outre, ces médicaments pouvant provoquer des arythmies cardiaques, le médecin devrait réaliser un électrocardiogramme (ECG) avant de prescrire un antidépresseur cyclique.

Les IMAO (inhibiteurs de la monoamine oxydase)

Les inhibiteurs de la monoamine-oxydase (IMAO), parmi lesquels figurent la phénelzine (Nardil) et la tranylcypromine (Parnate), constituent la classe d’antidépresseurs la plus ancienne. Bien qu’ils soient efficaces, on les prescrit rarement, car les personnes qui les prennent doivent s’astreindre à un régime spécial.

Plus récent, le moclobémide (Manerix) ne nécessite pas de régime spécial, mais il se pourrait qu’il ne soit pas aussi efficace que les autres IMAO.

La chute de tension artérielle lorsqu’on passe de la position assise ou couchée à la position debout (hypotension orthostatique), l’insomnie, les bouffissures et la prise de poids sont les effets secondaires les plus courants des IMAO.

Comment gérer les effets secondaires

On peut gérer les effets secondaires :

- en faisant régulièrement de l’exercice et en suivant un régime faible en graisses et en sucres et riche en fibres (p. ex., son, fruits et légumes) afin d’éviter la prise de poids et la constipation ;

- en prenant des bonbons ou de la gomme sans sucre, en buvant de l’eau et en se brossant régulièrement les dents pour accroître la salivation et réduire l’assèchement de la bouche ;

- en se levant lentement, lorsqu’on est assis ou couché, pour éviter les étourdissements.

* Il y a deux façons de nommer un médicament : soit par son nom générique, soit par sa marque ou son nom commercial. Les noms de marques canadiens sont indiqués entre parenthèses.

Combien de temps devrai-je prendre un antidépresseur ?

Quand on prend un antidépresseur pour la première fois, on doit d’abord déterminer si on peut tolérer ses effets secondaires, ce qui ne devrait prendre que quelques semaines. On doit ensuite déterminer si le médicament soulage la dépression ou l’anxiété, ce qui prend un minimum de six semaines à pleine dose.

Si le médicament se révèle efficace, le médecin conseillera de continuer à le prendre pendant au moins six mois après que ses effets auront commencé à se faire sentir. Quand on cesse la prise d’antidépresseurs trop tôt, on s’expose à une réapparition des symptômes de la dépression ou de l’anxiété. Le traitement doit généralement être poursuivi pendant au moins un an. Si la dépression refait surface à chaque fois qu’on arrête de prendre son médicament, il faudra envisager une période de traitement plus longue.

Les antidépresseurs engendrent-ils une dépendance ?

Les drogues qui engendrent une dépendance suscitent un sentiment d’euphorie, le désir intense de continuer à en prendre et le besoin d’accroître la quantité employée pour ressentir les mêmes effets. Les antidépresseurs n’ont pas ces effets.

Quand on prend des antidépresseurs pendant des mois, voire des années, l’organisme s’y habitue. Par conséquent, si on cesse d’en prendre, surtout si c’est du jour au lendemain, on risque d’éprouver des effets de sevrage. Les douleurs musculaires, la sensation de chocs électriques, les étourdissements, les maux de tête, les nausées, les frissons et la diarrhée sont les effets le plus souvent signalés par les personnes qui cessent brusquement de prendre de la paroxétine (Paxil) et de la venlafaxine (Effexor), mais ils peuvent se produire avec n’importe quel autre antidépresseur. Certaines personnes ont du mal à s’arrêter de prendre leurs médicaments car elles trouvent les effets du sevrage extrêmement pénibles.

Comment devrai-je diminuer la dose d’antidépresseur ? Puis-je arrêter de le prendre ?

Que l’on souhaite diminuer sa dose d’antidépresseur ou cesser complètement d’en prendre, il importe de le faire graduellement. Les changements brusques augmentent considérablement le risque de connaître un nouvel épisode de dépression.

Il faut commencer par se demander si le moment est bien choisi. Est-ce qu’on se sent vraiment bien ? Mène-t-on une vie sans trop de stress ? A-t-on le soutien de sa famille et de ses amis ?

Quand on pense être prêt, on doit en parler à son médecin. S’il n’est pas d’accord, il est conseillé de lui en demander la raison et si on n’est pas convaincu par ses arguments, on peut prendre l’avis d’un autre médecin.

Si le médecin est d’accord, il recommandera de ne pas sauter de doses, mais de diminuer progressivement la dose – généralement par paliers de 10 % – en laissant passer deux ou trois semaines entre chaque diminution. Il faudra donc compter plusieurs mois avant d’arrêter complètement le médicament. Pour diminuer les doses, un coupe-comprimé pourrait s’avérer très utile.

Dans le cas des personnes qui prennent plusieurs médicaments, il est généralement conseillé de réduire la dose d’un médicament à la fois.

Si l’on a réduit la dose d’un médicament et qu’on ne se sente pas bien, on doit en avertir le médecin, qui déterminera si cela est dû aux effets du sevrage ou à un retour des symptômes. On peut toujours augmenter de nouveau la dose. L’important est de trouver la dose optimale.

Les antidépresseurs interagissent-ils avec d’autres médicaments ?

Les antidépresseurs peuvent interagir avec certains types de médicaments, y compris les médicaments en vente libre : remèdes contre le rhume et les allergies, sirops contre la toux et plantes médicinales comme le millepertuis. Il faut toujours demander au médecin, dentiste ou pharmacien s’il y a un risque d’interaction entre les médicaments prescrits et ceux que l’on prend déjà.

Que se passe-t-il si je bois de l’alcool ou du café alors que je prends un antidépresseur ?

L’alcool peut aggraver les symptômes de la dépression et de l’anxiété ainsi que certains effets secondaires des antidépresseurs comme la somnolence et la sensation de « tête qui tourne ». Néanmoins, les personnes qui prennent des antidépresseurs depuis plus de quelques semaines et qui se sentent bien devraient pouvoir prendre un verre ou deux à l’occasion. Il faut cependant savoir qu’un verre pourrait avoir l’effet de deux ou même de trois verres.

Chez les personnes aux prises avec une dépression ou un trouble anxieux, la caféine présente dans le café et d’autres boissons peut avoir des effets néfastes. La dépression perturbe le sommeil et la caféine, qui est un stimulant, pourrait aggraver le problème. Il est donc recommandé de consommer des boissons décaféinées ou de réduire sa consommation de caféine.

Que se passe-t-il si je prends de la drogue alors que je suis sous antidépresseur ?

Quand on prend des antidépresseurs, c’est généralement pour soulager des symptômes de dépression ou d’anxiété et pour éprouver un mieux-être. Or, si les drogues illicites comme la marijuana et la cocaïne peuvent procurer un sentiment de bien-être momentané, leurs autres effets peuvent aggraver le problème. En outre, les drogues illicites peuvent interagir avec les médicaments – en diminuant leur efficacité ou en aggravant leurs effets secondaires, par exemple.

Les antidépresseurs affecteront-ils ma capacité de conduire en sécurité ?

La dépression peut provoquer de la fatigue et des troubles de la concentration, et donc affecter la capacité de conduire. Les antidépresseurs peuvent eux aussi engendrer de la somnolence, surtout en début du traitement, avant que l’organisme n’ait eu le temps de s’y habituer. Quand on est pris de somnolence, il faut s’abstenir de conduire ou de faire fonctionner des machines. L’alcool, les sédatifs et les antihistaminiques (médicaments contre le rhume et la fièvre des foins) aggravent la somnolence. Il n’est jamais indiqué de prendre le volant après avoir bu et il est encore plus important de suivre cette règle quand on prend des antidépresseurs.

Les antidépresseurs affecteront-ils ma libido et ma fonction sexuelle ?

Tant la dépression que les médicaments employés pour la combattre peuvent émousser la libido. Les antidépresseurs, en particulier ceux qui augmentent le taux de sérotonine, peuvent également avoir des effets négatifs sur la fonction sexuelle : difficulté à éjaculer, pour les hommes, et incapacité à atteindre l’orgasme, pour les femmes.

Toutefois, un grand nombre de facteurs ont une incidence sur la sexualité. Lorsque les antidépresseurs soulagent la dépression et l’anxiété, il est plus facile de se concentrer sur son ou sa partenaire et d’éprouver du désir. Si une personne pense que ses médicaments affectent sa sexualité, elle devrait en parler à son médecin. Il pourrait modifier sa dose, remplacer son médicament ou lui prescrire un médicament supplémentaire.

Peut-on prendre des antidépresseurs pendant la grossesse ou l’allaitement sans danger ?

La situation de chaque femme étant différente, il convient d’en parler au médecin. Pour les femmes enceintes ayant des antécédents de dépression, la question de savoir s’il faut arrêter la prise d’antidépresseurs revient généralement à une analyse risque-avantage. La dépression peut nuire aux soins prénatals et à la capacité de la mère à prendre soin de son bébé. Si l’antidépresseur permet de minimiser le risque de rechute ou de soulager les tourments d’une femme enceinte ou d’une jeune maman, ses avantages peuvent l’emporter sur les risques.

La prise d’antidépresseurs pendant la grossesse ne présente pas de risque important, les antidépresseurs n’augmentant pas le risque de malformations congénitales. Cependant, lorsqu’ils sont pris peu avant l’accouchement, les antidépresseurs peuvent rendre le nouveau-né agité et irritable et provoquer chez lui des troubles du sommeil, du comportement alimentaire et de la respiration. Ces problèmes disparaissent assez rapidement : entre trois jours et deux semaines.

La concentration d’antidépresseur dans le lait maternel est très faible et on estime qu’elle ne présente pas de risque pour le nourrisson, surtout lorsqu’on tient compte des avantages de l’allaitement au sein.

Il est fortement conseillé aux femmes qui décident d’arrêter de prendre leurs médicaments durant la grossesse ou l’allaitement de prendre des rendez-vous plus fréquents avec leur médecin pour qu’il les aide à reconnaître toute réapparition des symptômes.

Le facteur âge influe-t-il sur les effets des antidépresseurs ?

Oui. L’efficacité et les risques des antidépresseurs varient selon l’âge de la personne qui les prend.

Enfants et adolescents

La plupart des antidépresseurs n’ont pas été approuvés officiellement pour les enfants et les adolescents. Pour traiter les jeunes, on devrait toujours commencer par fournir des services de counseling. Si leur état est si grave qu’un traitement non médicamenteux n’est pas possible ou qu’il n’a pas eu d’effet, on peut envisager le recours aux antidépresseurs. Des études menées auprès d’enfants et d’adolescents prenant des antidépresseurs ont révélé un risque accru d’idées et de comportements suicidaires, mais non de décès par suicide.

Personnes âgées

Les antidépresseurs sont efficaces pour le traitement de la dépression chez les personnes de plus de 65 ans et on sait qu’ils réduisent le risque de suicide au sein de cette population. Toutefois, la susceptibilité aux médicaments étant plus grande chez les personnes âgées, les effets secondaires sont plus fréquents. Par ailleurs, les personnes âgées prenant souvent plusieurs médicaments, elles sont aussi plus vulnérables aux interactions médicamenteuses.

Traitements et soutien

Traitements offerts à CAMH

Aide aux familles et aux amis

Ligne d’aide sur la santé mentale de ConnexOntario : pour trouver un centre de traitement où que ce soit en Ontario (ligne ouverte 24 heures sur 24, sept jours sur sept)

Pour trouver un groupe de soutien près de chez vous, composez le 211 ou visitez le site http://www.211ontario.ca/fr

 

Adressez-vous à votre médecin ou pharmacien ou à une infirmière.

Pour plus de renseignements sur la prise de médicaments durant la grossesse ou l’allaitement, communiquez avec MotherRisk au 416 813-6780 ou visitez le site www.motherisk.org (partiellement en français).


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