Des chercheurs de l’Université de Toronto dirigent une étude
TORONTO – Il est difficile de s’arrêter de fumer et des chercheurs de l’Université de Toronto et du Centre de toxicomanie et de santé
mentale (CAMH) viennent d’en découvrir une raison : c’est une affaire de gènes.
Chaque fumeur a un bagage génétique différent qui influe sur la manière dont il répond à divers traitements de sevrage. Ces
chercheurs se proposent donc à présent de déterminer la façon optimale de personnaliser les traitements et faire ainsi le
maximum pour que les efforts des personnes désireuses d’arrêter de fumer soient couronnés de succès.
En Amérique du Nord, des millions d’adultes essaient chaque année d’arrêter de fumer, mais les taux de succès des traitements
sont extrêmement variables. En outre, il n’existe pas de méthodes personnalisées pour aider les fumeurs à abandonner la cigarette,
lesquelles aient fait l’objet d’application clinique.
L’étude internationale, dirigée par Rachel Tyndale, professeure de pharmacologie à l’Université de Toronto, titulaire de la
chaire de recherche du Canada en pharmacogénétique et directrice du département de pharmacogénétique de CAMH, et par la professeure
Caryn Lerman de l’Université de Pennsylvanie, portera sur la pharmacogénétique du traitement de la dépendance à la nicotine.
Une subvention de 12 millions de dollars américains a été accordée pour la réalisation de l’étude par le Pharmacogenomics Research Network des National Institutes of Health, un réseau de recherche sur la pharmacogénomique, formé à l’initiative d’un groupe de scientifiques d’Amérique du Nord désireux
de comprendre les incidences des facteurs génétiques sur la réponse aux médicaments.
Des recherches antérieurement menées par la professeure Tyndale avaient révélé l’existence d’un marqueur génétique reflétant
les différences individuelles au niveau de la vitesse de dégradation de la nicotine. Ce biomarqueur peut servir à prédire
le succès de différents traitements du tabagisme chez un fumeur donné. La présente étude permettra de déterminer une méthode
de mettre à profit le biomarqueur dans la pratique clinique.
« Ce marqueur est susceptible d’aider les cliniciens à choisir le médicament qui convient le mieux en fonction du bagage génétique
de chaque personne qui essaie d’arrêter de fumer, ce qui augmentera le taux de succès des traitements, d’expliquer madame
Tyndale. Il s’agit du premier essai clinique prospectif randomisé à utiliser un biomarqueur génétique pour optimiser le traitement
du tabagisme au niveau individuel. »
Le biomarqueur, indiquant la quantité relative des différents métabolites de la nicotine, reflète une variation du gène CYP2A6
ainsi que l’influence de facteurs environnementaux sur le métabolisme de la nicotine. Dans le cadre cette étude, on effectuera
un dosage des métabolites de la nicotine chez 1 350 fumeurs d’âge adulte afin de déterminer s’ils sont des métaboliseurs lents
ou rapides de la nicotine. Ils seront ensuite divisés en deux groupes – métaboliseurs lents et métaboliseurs normaux – et
répartis de façon aléatoire pour être traités soit par un placebo, soit par un timbre à la nicotine, soit par Champix (varénicline),
commercialisé par Pfizer. Chaque participant fournira également un échantillon d’ADN qui servira à repérer d’éventuelles variantes
génétiques supplémentaires qui pourraient également influer sur la réponse au traitement du tabagisme. L’essai prospectif
à double insu contrôlé par placebo prendra fin au cours des quatre prochaines années.
La professeure Tyndale est vice-présidente du Pharmacogenomics Research Network, une initiative financée par neuf instituts des National Institutes of Health des États-Unis, notamment : National Institute of General Medical Sciences; National Heart, Lung, and Blood Institute; National Cancer Institute; National Institute on Drug Abuse; Eunice Kennedy Shriver National Institute of Child Health and Human Development; National Human Genome Research Institute; National Institute of Mental Health; National Institute of Arthritis and Musculosketal and Skin Diseases et Office of Research on Women’s Health, Office of the Director.
Pour obtenir un entretien (en anglais) avec la professeure Tyndale, veuillez communiquer avec :
Chris Garbutt
Agent principal des communications
Faculté de médecine, Université de Toronto
chris.garbutt@utoronto.ca
416 946-8423