Compte rendu de recherche : Améliorer ses chances d’arrêter de fumer grâce à son médecin de famille
Des chercheurs du Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH) se penchent sur les moyens les plus efficaces de traiter
la dépendance au tabac. Dans un article publié dans le Journal de l’Association médicale canadienne de novembre, ils mettent en lumière le rôle étonnamment important que peuvent jouer les médecins généralistes pour aider
les gens à arrêter de fumer. De nombreuses tentatives d’abandon du tabac se soldent par un échec. Les interventions efficaces
deviennent alors un élément crucial pour les 4,5 millions de fumeurs que compte, à lui seul, le Canada.
« Le fait de conseiller aux patients d’arrêter de fumer, ne serait-ce qu’une fois, aide à doubler le taux d’abandon », expliquent
les DrsBernard Le Foll et Tony George, tous deux chercheurs à CAMH. Leur article, Treatment of tobacco dependence: integrating recent progress into practice, propose un survol complet des habitudes de tabagisme, des causes de la dépendance à la nicotine et des percées dans les traitements
et mesures d’intervention. « Pour favoriser le plus possible les tentatives d’abandon, les professionnels de la santé devraient
conseiller à tous leurs patients fumeurs de renoncer au tabac. »
Selon les études, on estime que puisque environ 70 p. 100 des fumeurs consultent leur médecin chaque année, les médecins de
famille ont une bonne occasion d’influencer leurs habitudes de tabagisme. « Même une brève intervention (de trois minutes
ou moins) peut augmenter la motivation de la personne et ainsi accroître considérablement le taux d’abstinence », écrivent
les auteurs de l’article. Ils fournissent d’ailleurs un algorithme accompagné de la simple question « Fumez-vous ? » pour aider les médecins à intégrer au bilan de santé les habitudes de tabagisme du patient et sa disposition à renoncer à
la cigarette et proposent une démarche globale combinant l’évaluation, les interventions sur le plan du comportement et le
traitement pharmacologique.
L’article indique aussi que les personnes qui ont une dépendance au tabac, de modérée à grave, semblent mieux réagir à trois
types de traitements pharmacologiques : la thérapie de remplacement de la nicotine (TRN), le bupropion et la varénicline.
Il n’existe cependant aucun seuil pouvant aider les cliniciens à déterminer avec certitude quel type de patient réagira mieux
à l’un ou l’autre des traitements, ni de consensus sur le médicament à administrer en premier. Les auteurs proposent aux médecins
un tableau comparatif clair des trois traitements de première ligne accompagnés de conseils sur leur combinaison possible
et sur l’usage de la nortriptyline ou de la clonidine comme éventuel traitement de deuxième intention.
Les études épidémiologiques indiquent que la majorité des personnes qui parviennent à arrêter de fumer le font sans aide médicale
directe ni pharmacothérapie. « L’usage de méthodes non pharmacologiques (comme le counseling) devrait être encouragé, surtout
chez les personnes pour qui la prise de médicaments est problématique, poursuivent les auteurs. L’objectif est de motiver
le patient à arrêter de fumer. » Signalons toutefois que les interventions pharmacologiques sont véritablement efficaces et
permettent aux médecins de doubler, sinon de tripler les probabilités de réussite.
Consultez le site www.cmaj.ca pour obtenir un exemplaire (en anglais) de l’article et le communiqué de presse du Journal à ce sujet.
Pour de plus amples renseignements et pour organiser une entrevue, veuillez communiquer avec Michael Torres, Relations avec
les médias, CAMH, au 416 595-6015.
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Le Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH) est le plus grand hôpital d’enseignement dans les domaines de la toxicomanie
et de la santé mentale au Canada. CAMH intègre les soins cliniques, la recherche scientifique ainsi que les activités d’éducation,
d’élaboration de politiques et de promotion de la santé afin de transformer la vie des personnes touchées par des questions
liées à la toxicomanie et à la santé mentale.