Moins de 50 % des femmes et des hommes souffrant de dépression consultent un médecin pour un traitement

Les résultats d’une étude démontrent que même parmi les personnes hospitalisées pour cause de dépression sévère, un grand nombre ne reçoivent que peu de soins de suivi

TORONTO (Ontario) le 30 septembre 2009 – Selon une nouvelle étude sur la santé des femmes menée par des chercheurs de l’Hôpital St. Michael et de l’Institut de recherche en services de santé (ICES), moins de la moitié des Ontariennes et des Ontariens souffrant de dépression consultent un médecin pour traiter cette maladie potentiellement débilitante. De plus, un grand nombre de personnes qui ont été hospitalisées pour cause de dépression sévère ne consultent pas de médecin dans les 30 jours suivant leur congé de l’hôpital pour recevoir un traitement de suivi, et beaucoup vont dans les urgences des hôpitaux pour y recevoir des soins. L’étude fait ressortir le besoin d’un modèle de soins complets assurés par des équipes multidisciplinaires de professionnels de la santé formées, entre autres, de médecins de famille et de spécialistes de la santé mentale, pour aider les femmes et les hommes à mieux gérer leur dépression et à améliorer leur qualité de vie.

« La dépression, une cause première d’incapacité liée à une maladie chez les femmes et les hommes, impose un fardeau affectif et financier énorme aux personnes qui en souffrent, à leur famille et à notre système de santé », explique Dre Arlene Bierman, médecin de l’Hôpital St. Michael et chercheure principale de l’étude intitulée Projet d’élaboration du Rapport basé sur des données probantes de l’Ontario sur la santé des femmes. « De nombreux Ontariennes et Ontariens atteints de dépression ne reçoivent pas de traitement, et ceux qui suivent un traitement reçoivent souvent des soins sous-optimaux. Bien que nous ayons beaucoup de connaissances sur les façons d’améliorer la dépression, nous devons mettre ces connaissances en pratique dans notre travail auprès des patients si nous voulons améliorer le diagnostic et la gestion de cette maladie. Pour cela, nous devons assurer une meilleure coordination entre les professionnels des soins primaires et les professionnels de la santé mentale, tant dans les collectivités que dans les hôpitaux », ajoute Dre Bierman, chercheuse à l’ICES.

Près d’un quart de million d’Ontariennes et d’Ontariens âgés de 15 ans et plus souffrent de dépression. À l’échelle mondiale, on estime que 154 millions de personnes sont atteintes de cette maladie qui entraîne une perte de productivité, une augmentation des prestations d’assurance invalidité et une utilisation accrue des services de santé.

Voici quelques-unes des constations clés de l’étude POWER publiées aujourd’hui :

•       Moins de 50 % des femmes et des hommes atteints de dépression consultent un médecin pour traiter leur maladie

•       33 % des femmes et des hommes qui font un séjour à l’hôpital pour cause de dépression sévère ne font pas de visite de suivi chez un médecin dans les 30 jours suivant leur congé de l’hôpital

•       17 % des personnes vont dans les urgences d’un hôpital dans les 30 jours suivant leur congé de l’hôpital, et 8 % sont réadmises à l’hôpital

•       De nombreux adultes âgés qui ont commencé à prendre des médicaments antidépresseurs n’obtiennent pas le nombre recommandé de rendez-vous de suivi chez le médecin pour gérer leur maladie

•       L’absence de coordination des soins donnés aux patients fait ressortir la nécessité d’avoir un modèle collaboratif selon lequel les soins sont assurés par des équipes de professionnels de la santé qui incluent, entre autres, des professionnels de la santé mentale et des fournisseurs de soins primaires.

« Les études ont démontré que les patients traités au moyen d’un modèle collaboratif présentent de meilleures chances de voir leurs symptômes s’améliorer, de mieux gérer leur dépression et d’éviter de multiples visites aux urgences pour recevoir des soins », dit Dre Elizabeth Lin, auteure principale du chapitre sur la dépression et chercheuse scientifique au Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH). Une étude publiée par CAMH plus tôt cette année a également révélé que la prestation de soins selon une approche collaborative constitue un moyen moins coûteux et plus efficace de fournir un traitement de santé mentale aux personnes qui sont en congé d’invalidité de courte durée pour un trouble psychiatrique.

L’Étude POWER (Projet d’élaboration du Rapport basé sur des données probantes de l’Ontario sur la santé des femmes) est financée par Écho : pour l’amélioration de la santé des Ontariennes, un organisme du ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l’Ontario. Il s’agit de la première étude en Ontario donnant un aperçu global de la santé des femmes d’après le sexe, le revenu, la scolarité, l’ethnicité et l’emplacement géographique. Les constatations sont présentées en détail dans le rapport intitulé Dépression, le troisième rapport publié cette année dans le cadre de l’Étude POWER. Les constatations peuvent aider les décideurs et les fournisseurs de services de santé à améliorer l’accessibilité, la qualité et les résultats des soins de santé donnés aux femmes de l’Ontario.

« Les constatations du rapport font clairement ressortir la nécessité de réévaluer le traitement de la dépression en Ontario, déclare pat Campbell, chef de la direction d’Écho : pour l’amélioration de la santé des Ontariennes. Nous devons offrir des traitements plus accessibles, plus appropriés et plus efficaces. L’Étude POWER appuie fortement l’adoption de modèles collaboratifs de prestation des soins : c’est là une constatation clé qui pourrait éclairer la planification des systèmes, la planification des programmes et l’élaboration des politiques. »

Pour obtenir plus de renseignements sur l’Étude POWER et ses partenaires, visitez le site www.powerstudy.ca. D’autres résultats de cette étude seront publiés plus tard cette année.

Dre Arlene Bierman est chercheuse au Centre de recherche Keenan de l’Institut du savoir Li Ka Shing de l’Hôpital St. Michael, chercheuse scientifique à l’Institut des sciences de la santé (ICES) et titulaire de la chaire en santé des femmes du Conseil ontarien des services de santé pour les femmes d’Écho à l’Hôpital St. Michael et à l’Université de Toronto (Faculté de sciences infirmières Lawrence S. Bloomberg).

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