À propos de la santé mentale et de la toxicomanie

Ressources offertes aux personnes aux prises avec une toxicomanie

La toxicomanie : Guide d’information

Sur cette page :

Lorsqu’elles se rendent compte qu’elles doivent modifier leur consommation d’alcool et d’autres drogues, un grand nombre de personnes se posent la même question : Que dois-je faire en premier lieu pour apporter ce changement ? Certaines personnes réussissent à se débrouiller seules, mais un grand nombre d’entre elles ont besoin d’aide.

Aucun traitement ne convient à tous, car les besoins des personnes ayant un problème de toxicomanie ne sont pas tous les mêmes. Le traitement dépend de la nature et de la gravité du problème, du soutien que peuvent accorder la famille, les amis et d’autres personnes, ainsi que de la motivation qu’a la personne aux prises avec ce problème. Les ressources disponibles sont aussi variées que les besoins qu’elles visent à combler.

Pour obtenir de l’aide, il est bien de commencer par consulter un conseiller qualifié. Cette personne évaluera votre toxicomanie et déterminera vos problèmes et vos forces, ainsi que la démarche et le type d’aide répondant le mieux à vos besoins. (Pour plus de renseignements sur les services d’évaluation, reportez-vous à la Questions fréquentes au sujet de la toxicomanie.) Si vous décidez de suivre un programme de traitement, choisissez-en un qui répond à vos besoins et qui respecte votre philosophie personnelle. Le présent chapitre vous indique les éléments importants dont vous devriez tenir compte et les questions que vous devriez poser aux fournisseurs de traitements.

Il peut être difficile de faire les premiers pas pour obtenir de l’aide, que ce soit de décrocher le téléphone ou de se rendre à un centre de traitement. N’oubliez pas que vous n’êtes pas seul(e). En posant ce premier geste, vous vous engagerez dans la voie du changement.

Démarches axées sur l’initiative personnelle

Autochangement

Certaines personnes ayant un problème d’abus d’alcool et d’autres drogues parviennent à faire des changements de leur propre chef en utilisant un guide d’initiative personnelle. En général, les guides et les sites Web d’initiative personnelle aident les personnes qui les consultent à :

  • déterminer les nombreuses causes et les nombreux effets de la consommation d’alcool et d’autres drogues ;
  • acquérir les aptitudes nécessaires pour réduire leur consommation ou y mettre fin ;
  • élaborer un plan pour l’avenir et à se fixer des objectifs.

On trouvera une liste de guides d’initiative personnelle aux « Ressources »

Groupes d’entraide

Les groupes d’entraide soutiennent les personnes qui s’efforcent de modifier leur consommation d’alcool et d’autres drogues. Ce soutien constant est bénéfique car, pour un grand nombre de ces personnes, modifier leur consommation est un travail de longue haleine. Il n’est pas rare pour les personnes qui suivent un programme de traitement de faire partie d’un groupe d’entraide.

Alcooliques Anonymes (AA) est l’organisme d’entraide le plus ancien et celui qui compte le plus grand nombre de membres. Fondé en 1930, cet organisme perçoit la toxicomanie comme une maladie et impose à ses membres l’abandon total de l’alcool ou des autres drogues. Il existe maintenant un grand nombre de groupes venant en aide aux personnes ayant des problèmes d’abus d’alcool et d’autres drogues. Ces groupes épousent diverses philosophies et démarches et certains s’inspirent du Programme des Douze Étapes des AA. Certains groupes viennent en aide aux personnes qui veulent uniquement réduire leur consommation d’alcool et d’autres drogues. Voici des exemples de groupes d’entraide : Cocaïnomanes anonymes (CA), Double Recovery Initiative (qui vise à la fois la toxicomanie et les problèmes de santé mentale), Moderation Management (MM), Narcotiques Anonymes (NA), Nicotine Anonyme, Secular Organization for Sobriety (SOS), Self Management and Recovery Training (SMART Recovery) et Women for Sobriety (WFS). Un grand nombre de ces groupes offrent des services de soutien en ligne (la liste des sites Web se trouve à la « Ressources »).

De plus, on trouve dans beaucoup de collectivités des initiatives lancées par des utilisateurs ou des survivants, des groupes d’usagers de drogue et d’autres groupes populaires qui défendent une cause.

Réduction des méfaits

Certains programmes de traitement ont adopté une démarche axée sur la réduction des méfaits afin de venir en aide aux personnes qui ne sont pas prêtes à cesser de consommer de l’alcool et d’autres drogues, qui ne sont pas disposées à le faire ou qui en sont incapables. Cette démarche reconnaît que certaines personnes :

  • ne sont pas prêtes à modifier leur consommation d’alcool et d’autres drogues ;
  • ne veulent pas nécessairement s’abstenir de consommer ces substances ;
  • peuvent être disposées à cesser de consommer une substance mais pas une autre ;
  • sont prêtes à apprendre comment réduire les méfaits associés à leur consommation d’alcool et d’autres drogues ;
  • sont plus susceptibles de suivre un traitement si elles ne sont pas obligées de cesser de boire ou de prendre d’autres drogues.

Pour un grand nombre de personnes ayant des problèmes d’abus d’alcool et d’autres drogues, l’abstinence peut être l’objectif le plus attrayant, surtout aux yeux de leur famille et de certains fournisseurs de traitements. La démarche axée sur la réduction des méfaits, quant à elle, fournit d’autres moyens de réduire les méfaits associés à la consommation d’alcool et d’autres drogues que subissent la personne qui consomme ces substances et la collectivité dans son ensemble.

Voici des exemples de stratégies de réduction des méfaits :

  • enseigner aux usagers des moyens plus sûrs de prendre de l’alcool ou d’autres drogues ;
  • enseigner aux usagers comment reconnaître les signes d’une surdose ;
  • fournir des seringues stériles et d’autre matériel permettant d’injecter de la drogue (afin de réduire la transmission d’infections comme le VIH, le sida et l’hépatite C lors du partage des seringues) ;
  • s’assurer qu’on subvient aux besoins fondamentaux des gens comme l’alimentation, le logement et les soins médicaux ;
  • remplacer une drogue par une drogue plus sûre (p. ex. remplacer l’héroïne par la méthadone).

Médicaments servant à traiter la toxicomanie

L’utilisation du timbre ou de la gomme à la nicotine, d’un inhalateur ou du bupropion (un médicament connu sous le nom de Zyban) peut doubler les chances d’arrêter à jamais de fumer (Selby et Els, 2004).

Pour les personnes qui ont une dépendance à l’héroïne ou à d’autres opioïdes (p. ex., la codéine, le Percodan, l’OxyContin), la méthadone et la buprénorphine sont des traitements efficaces. Ces médicaments remplacent l’opioïde en cause. Ils préviennent le sevrage et les états de manque sans créer d’euphorie chez l’usager. Ces médicaments stabilisent l’état de santé au point où il est possible de travailler, d’étudier et de conduire. En général, le traitement dure au moins un an, mais il peut se poursuivre pendant plusieurs années.

Il existe peu de médicaments pour traiter les autres types de toxicomanie. Le naltrexone (Revia) peut atténuer les envies de boire chez les personnes qui ont une dépendance à l’alcool. Il peut aussi être utilisé pour éliminer les effets des opioïdes. Le disulfirame (Antabuse), quant à lui, rend malade et donne des nausées si on boit de l’alcool.

Pour l’instant, il n’existe pas de médicament pour traiter la dépendance à la cocaïne ou à la méthamphétamine. Pour plus de renseignements sur les traitements à base de médicaments, consultez votre médecin.

Types de services de traitement

Les services de traitement de la toxicomanie peuvent être de courte ou de longue durée, et de faible ou de forte intensité. Ils peuvent être dispensés dans la collectivité ou en établissement. Bien que tous les types de traitement puissent être efficaces, il faut choisir le traitement en fonction des circonstances dans lesquelles se trouve la personne aux prises avec une toxicomanie. Les personnes qui ont recours aux services de traitement communautaires vivent à la maison et se rendent dans les bureaux d’un organisme pour y recevoir des services. En général, les fournisseurs de services communautaires sont plus disposés à travailler avec les personnes qui continuent de prendre de l’alcool ou d’autres drogues pendant qu’elles suivent un traitement. Les personnes qui suivent un programme en établissement vivent dans cet établissement pendant une période donnée. La plupart de ces programmes exigent des personnes aux prises avec une toxicomanie qu’elles s’abstiennent de consommer toute substance non prescrite pendant leur traitement. Les démarches suivies en matière de traitement et les philosophies adoptées à l’égard de la toxicomanie varient d’un service et d’un organisme à l’autre. Il importe donc de se renseigner sur la démarche suivie par le fournisseur de services. Les services suivants pourraient être offerts dans votre collectivité :

  • Gestion du sevrage (« désintoxication ») : Il se peut que, pour suivre ce genre de programme, il faille s’abstenir en totalité ou en partie de consommer de l’alcool et d’autres drogues. Selon les besoins des particuliers et les ressources disponibles dans la collectivité, des services médicaux et non médicaux de gestion du sevrage peuvent être offerts à la maison ou en établissement.
  • Counseling individuel ou de groupe : Séances de counseling de courte (huit séances ou moins) ou de longue durée offertes dans la collectivité. Elles peuvent durer jusqu’à deux heures et sont offertes au moins un jour ou un soir par semaine.
  • Traitement de jour ou en établissement : Pendant au plus trois semaines, les participants assistent à des séances de counseling individuel et en groupe qui durent toute la journée. Dans le cadre d’un traitement de jour, les participants rentrent à la maison le soir et la fin de semaine. Si le programme est dispensé en établissement, les participants restent sur place pendant toute la durée du traitement, mais peuvent être autorisés à rentrer à la maison le soir et la fin de semaine.
  • Traitement de longue durée en établissement : Ces programmes de traitement durent de six semaines à six mois.
  • Centre de réadaptation pour personnes toxicomanes et communautés thérapeutiques : Les participants habitent dans un logement supervisé ou individuel avec des employés et d’autres personnes qui se remettent d’une toxicomanie. En général, on s’attend à ce qu’ils ne consomment aucune substance non prescrite. On peut exiger d’eux qu’ils travaillent ou qu’ils aillent à l’école à l’extérieur du centre.
  • Postcure : Des services de postcure sont offerts aux personnes qui ont suivi un programme de traitement pour les aider à réintégrer la collectivité et à ne pas recommencer à consommer de l’alcool et d’autres drogues.

Nature des programmes de traitement

Les programmes de traitement ne sont pas tous les mêmes. Ils peuvent comporter des volets axés sur la culture, les traditions ou la spiritualité. La section suivante décrit certains aspects du traitement qui vous permettront de déterminer ce à quoi vous pouvez vous attendre et ce que vous devriez rechercher.

Counseling

Il existe plusieurs types de counseling, notamment le counseling individuel, en groupe et en couple et la thérapie familiale. En général, le counseling vise à :

  • aider les participants à faire le point sur les effets que leur consommation d’alcool et d’autres drogues a sur leur vie, les facteurs qui peuvent les amener à consommer ces substances et les mesures concrètes qu’ils peuvent prendre pour réduire cette consommation ;
  • étudier les pensées et les émotions des participants pendant la séance et à amener ces derniers à se rendre compte que leurs expériences personnelles influencent leurs comportements, leurs interactions et la façon dont on les perçoit ;
  • promouvoir le mieux-être physique, affectif et spirituel, notamment en aidant les participants à :
  • composer avec les envies et les tentations de consommer de l’alcool et d’autres drogues,
  • satisfaire leurs besoins en s’affirmant,
  • adopter un mode de vie sain,
  • trouver des moyens de rencontrer des gens et de nouer des relations sans avoir recours à l’alcool ni à d’autres drogues,
  • réduire leur niveau de stress. Certains organismes regroupent plusieurs aspects de ces types de counseling lors de leurs séances.

Information sur l’alcool et les autres drogues

En vous renseignant sur les effets de l’alcool et des autres drogues, vous comprendrez mieux comment ils affectent votre vie et celle des personnes qui vous entourent. Certains organismes de traitement offrent aux familles des séances d’information sur l’alcool et les autres drogues. (Pour obtenir des renseignements généraux sur certaines drogues et catégories de drogues, consultez la série de dépliants de CAMH intitulée Vous connaissez, qui est disponible à Collection Vous connaissez…. Pour des renseignements sur la façon de commander ces dépliants, reportez-vous à la « Ressources »).

Démarche globale en matière de traitement

Un grand nombre d’organismes offrent divers services et mesures de soutien connexes, notamment des séances d’information et de counseling sur :

  • la gestion du stress et de la colère ;
  • le chagrin et les traumatismes ;
  • les moyens de trouver un emploi ou de retourner à l’école ;
  • la saine alimentation ;
  • les moyens de trouver un logement sûr et abordable ;
  • les moyens d’obtenir des prestations d’aide sociale ou d’invalidité ;
  • la gestion de l’argent et la préparation d’un budget ;
  • l’acquisition de compétences parentales.

Dans bien des cas, si un fournisseur de traitements ne peut vous offrir d’aide dans tous ces domaines, il vous dirigera vers un organisme pouvant vous venir en aide. Il peut également vous mettre en contact avec les organismes offrant les services et les programmes dont vous avez besoin.

Services s’adressant à des groupes particuliers et portant sur des questions précises

Dans certaines localités, on offre des services s’adressant à des groupes particuliers et portant sur des questions précises, notamment des programmes :

  • pour les Autochtones mettant l’accent sur les méthodes traditionnelles de guérison ;
  • pour des groupes culturels précis offerts dans plusieurs langues ;
  • pour les lesbiennes, les gays, les personnes bisexuelles, transsexuelles, transgenderistes, bispirituelles, intersexuelles, queer ou en questionnement (LGBTTIQQ) ;
  • pour les aînés, les jeunes, les femmes ou les hommes ;
  • pour les personnes ayant un handicap ;
  • pour les personnes qui ont eu des démêlés avec le système de justice pénale ;
  • pour les immigrants et les réfugiés ;
  • pour les personnes ayant des problèmes concomitants de toxicomanie et de santé mentale ;
  • pour les personnes qui prennent des drogues précises comme la cocaïne, l’héroïne, la nicotine ou des solvants ;
  • qui font appel à des traitements non traditionnels comme l’acupuncture, l’hypnose et la méditation.

Usage du tabac

Plus de 80 p. 100 des personnes qui ont une dépendance à l’alcool ou à d’autres drogues fument la cigarette. Ce taux est trois fois plus élevé que celui enregistré dans la population générale. Certaines personnes ayant des problèmes d’abus d’alcool et d’autres drogues disent qu’il est encore plus difficile d’arrêter de fumer que de cesser de consommer de l’alcool ou d’autres drogues.

Le tabac cause davantage de décès que l’alcool, les drogues illégales, le VIH, l’hépatite C, le suicide, les meurtres et les accidents de véhicules automobiles réunis. L’abandon du tabac et la réduction de l’usage du tabac valent les efforts qu’il faut déployer pour y parvenir. Il a été démontré qu’il est plus facile pour les personnes qui ont arrêté de fumer de s’abstenir de consommer de l’alcool et d’autres drogues (Selby et Els, 2004).

Certaines personnes réussissent à modifier elles-mêmes leur consommation de tabac mais un grand nombre de fumeurs ont besoin d’aide. Les personnes qui ne sont pas prêtes à arrêter de fumer peuvent obtenir de l’aide en vue de réduire leur consommation de tabac et de se préparer à y mettre fin, notamment en s’adressant à la Téléassistance pour fumeurs (1 877 513-5333) ou Centre Tabac Stop.

Faire les premiers pas qui mènent au rétablissement

Pour la plupart des gens, la première chose à faire lorsqu’on fait face à un problème d’abus d’alcool et d’autres drogues est de décrocher le téléphone. Pour plus de renseignements sur les ressources offertes dans votre localité, communiquez avec DART (1 800 565-8603 ou www.dart.on.ca). Après tout, un long voyage commence par un simple pas !

La toxicomanie: Guide d'information

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